Je sens que mon post d’aujourd’hui risque de susciter la controverse mais j’ai jugé intéressant d’aborder le sujet, en tant que malgache, en bons carnivores que nous sommes. Mais aussi parce que les enjeux environnementaux reliés à l’agriculture me concernent personnellement.
En effet, qui dit évènement spécial, festivité ou autre type de célébration à la malgache, la viande est toujours à l’honneur. La taille de l’animal abattu dépend de l’importance de l’évènement et du nombre d’invités :
- un bœuf pour un famadihana (retournement des morts) auquel tout le village, les autres villages aussi, les connaissances, la famille élargie, les amis des amis sont conviés,
- un cochon ou un mouton lors d’un mariage où la liste d’invités se limite aux proches et aux connaissances inévitables des deux côtés de la famille,
- une volaille lors des fêtes familiales (fête nationale, noël, nouvel an…) ou pour les familles aisées, le dimanche après l’église.
Chez nous, une fête sans viande n’est pas une fête du tout. Tout ça pour dire que la consommation de viande est bien ancrée dans nos habitudes alimentaires. Mais comme la viande coûte chère, dans la vie de tous les jours, les portions sont bien rationnées (en moyenne 250g de viande par repas pour une famille de 4 à 5 personnes). Qui n’a pas essayé d’arnaquer son petit frère (ou petite sœur) pour lui piquer sa part de viande ?
Mais alors qu’arrive-t-il lorsqu’on atterrit dans un pays où la viande est abondante et à bon marché ? Et bien, on en mange, en grande quantité, tout heureux de pouvoir satisfaire enfin nos fantasmes de carnivores refoulés alors qu’on était au pays. Et on ne se pose pas de questions.
Hélas, cette abondance n’est pas sans prix et notre environnement en écope. L’agriculture industrielle et la production de viande en particulier est l’une des industries qui contribue le plus à la destruction des ressources naturelles. Et la plupart d’entre nous n’en est pas conscients.
Il est dit qu’un animal devra ingurgiter entre 3 et 10 kilo de protéines végétales pour fabriquer 1 kilo de protéines animales. Qu’un kilo de viande de bœuf entraîne une consommation de 15 m3d’eau, un kilo de viande d’agneau 10 m3 tandis qu’un kilo de céréales consomme entre 0,4 et 3 m3 d’eau. Les rejets issus de l’agriculture (purins, engrais, pesticides) engendrent la pollution de l’air et de l’eau.
Sans parler des autres enjeux comme l’utilisation des hormones de croissance, le clonage, la cruauté envers les animaux, la vache folle, le monopole de quelques géants sur le marché etc…
Mais alors, plus jamais de viande donc?
Je sais, pour les carnivores purs et durs, devenir végétarien n’est tout simplement pas une option. Mais comment faire dans ce cas pour ne pas infliger une affreuse torture à notre conscience à chaque bouchée ? manger de la viande biologique, encore mieux manger de la viande biologique qui provient des petites fermes pas très loin de chez vous et encourager ainsi l’économie locale, ou pourquoi pas avoir votre propre ferme (je sais, on n’a pas tous une cour comme chez nos grands-parents …). Je m’imagine très mal laisser courir mes poulets librement dans ma cour bien asphaltée, entre nos voitures et la poubelle….
Mais comme on dit, une image vaut mille mots, voici une vidéo très bien faite sur la production industrielle de viande. Je la trouve très marrante avec son histoire empruntée du célèbre « The matrix » et son héros prêt à tout pour sauver le monde…Il y a même des solutions proposées si vous voulez « consommer de la viande écologiquement correcte »